Projet small ensemble

Matyas Szandai écoute et étudie la musique classique depuis son enfance. En raison de ses études classiques, il a eu l’occasion de jouer dans des orchestres symphoniques et à cordes, et dans des formations classiques plus petites. En outre, au cours de sa carrière du musicien de jazz, il a joué dans des trios ou des quatuors de jazz complétés d’orchestres symphoniques ou de quatuor à cordes.

De ce fait, il n’est pas surprenant qu’il ait assez tôt éprouvé le besoin d’étendre ses compositions sur des formations plus larges, des formations de chambre ou de composer spécifiquement pour de telles formations.

Diplômé de l’Académie de musique Franz Liszt de Budapest, il étudie la composition avec Iván Madarász, puis au cours de son séjour de 10 ans à Paris avec Jean-Michel Bardez au Conservatoire Hector Berlioz de Paris. Ensuite il a étudié l’arrangement et la composition jazz avec Emil Spanyi au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris avec lequel il a poursuivi ses études au HEMU de Lausanne en Master en interprétation spécialisé composition.

C’est dans cette école qu’il a eu l’occasion pour la première fois de composer pour une formation de chambre. L’Ensemble Matyas Szanday, né au sein de l’école, avait d’abord adapté des morceaux plus anciens composés pour des formations plus petites (trio ou quatuor) au son de l’Ensemble composé de 9 musiciens. Par la suite, Szanday a continué son activité de compositeur en pensant spécialement à cet orchestre et à ces musiciens.

Le domaine d’intérêt commun des musiciens et l’atmosphère créative au sein de l’école ont été également une source d’inspiration pour Szanday, tout comme les dates des répétitions et des concerts.

Le style des compositions est fortement déterminé par l’attitude multidimensionnelle et tolérante de Szanday envers la musique.
Outre l’amour de la musique classique qui s’étend de Palestrina à Bartók, Szanday a toujours écouté avec un vif intérêt des musiques traditionnelles, telle que la musique folklorique d’Europe centrale et orientale, les ensembles de percussions africaines ou la musique classique indienne.

Etant donné qu’il joue du jazz depuis l’âge de 16 ans et qu’il a eu l’occasion de jouer avec des vedettes internationales comme Archie Shepp ou Chris Potter, l’improvisation fait partie intégrante des compositions. L’improvisation signifie pour lui la continuation du point de départ de l’œuvre et le rajout de la propre histoire du soliste. Par conséquent, l’œuvre doit avoir un effet d’inspiration sur les musiciens et les solistes qui improvisent.

 

Quelques compositions en détails:

L’une des premières compositions pour orchestre s’intitule « Le Frontalier », qui reprend le motif principal d’une œuvre plus ancienne, « GO », écrite pour un quatuor. Les deux compositions se retrouvent sur le nouveau CD de Szanday, « Sadhana », publié en 2019 par le Budapest Music Center. L’œuvre combine la musique classique contemporaine et des modulations du rythme modernes.

L’autre pièce caractéristique du répertoire de l’Ensemble Szanday est « Dig Da Mud », dont le titre fait référence à l’universalité du mode de vie traditionnel, dans le sens que quel que soit notre lieu de naissance, de la Hongrie au Maroc ou du Japon au Chili etc., des activités comme construire des maisons en terre, jouer de la musique terre à terre, cultiver la terre, enterrer les morts etc., sont présentes dans presque toutes les cultures du monde. Le motif initial de « Dig Da Mud » est une variation sur la mélodie d’une ballade traditionnelle hongroise qui est joué avec le phrasé d’une musique spirituelle des Gnawas. L’introduction est suivie des sons inspirés de la musique classique du 20e siècle et des associations de rythmes africains. Le retour harmonisé du thème est suivi d’une partie d’élaboration qui atteint son apogée au point du nombre d’or de la composition, dans un solo de percussion. Après le retour et la modulation du thème, les motifs de l’introduction cadrent la structure de la pièce.

« Gyimesi Zene » (Musique de Gyimes) a été évidemment écrite en hommage au violoniste transylvain János Zerkula, c’est une composition qui reprend une mélodie jouée par celui-ci. Szanday écrit en 11/8e le rythme « boiteux » de la musique de Gyimes, en intégrant à l’œuvre de nombreux ralentissements et accélérations.

« Structures » travaille avec des sons construits sur des gammes utilisées par Olivier Messiaen, que le compositeur pimente avec un jeu au tempo rapide de la section rythmique.

L’Ensemble Matyas Szandai est un groupe expérimental qui attache une grande importance aux traditions musicales, et qui est à l’aise dans différents styles musicaux en les traitant de façon créative.

Le répertoire de l’orchestre offre un voyage musical unique aux amateurs de la musique de qualité tant sur les forums de musique classique que sur ceux de la musique improvisée.

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